discipline positive« Chaque enfant a  besoin d’encouragement comme chaque plante a besoin d’eau » R. Dreikurs

Déboussolés, quand ce n’est pas dépassés, les parents que je rencontre sont souvent démunis quand il s’agit de l’éducation de leurs enfants… Ils savent bien qu’il est hors de question de revenir à l’autoritarisme d’antan, même si une étrange mode nostalgique  est en train de remettre les punitions au goût du jour… Ils ne sont pas fans non plus du laxisme, conscients qu’ils sont du besoin de cadre et de limites pour construire un enfant. La discipline positive, qui arrive en France grâce à Jane Nelsen, propose d’éduquer avec fermeté et bienveillance. « C’est une méthode ni permissive ni punitive qui permet de développer chez l’enfant l’auto discipline, le sens des responsabilités, l’autonomie, l’envie d’apprendre, le respect mutuel et  bien d’autres qualités essentielles. Dans cette démarche, l’autorité s’exerce sans soumission. » (extrait du site disciplinepositive.fr) Convaincue par son propos, je décrypte pour vous :

La bienveillance : ne pas confondre compliment et encouragement

Un enfant à qui on répète tout le temps qu’il est génial depuis sa naissance se décourage vite, ne croit plus en la parole des adultes, se suradapte aux attentes des autres et perd confiance en lui. Les Américains, adeptes du compliment perpétuel pour éviter tout trauma chez leurs petits, sont en train de découvrir 30 ans après les vices de la méthode avec effarement. Les jeunes adultes éduqués au perpétuel « Tu es fantastique » sont devenus des adultes immatures, incapables de faire face aux épreuves et sans estime d’eux-mêmes… Un enfant qu’on encourage constamment, développe à contrario plus de créativité, d’autonomie et le sens de l’auto-évaluation. En face d’une personne qui croit en lui et en son propre potentiel, il va avoir envie de se dépasser et d’avancer sur son propre chemin. Il s’agit d’avoir sur l’enfant un regard curieux, bienveillant, qui considère toute erreur comme partie du processus d’apprentissage et  amplifie la réussite plutôt que l’échec. « Qu’est-ce que tu as voulu représenter ? J’adore cette couleur ! Recommence, je suis sûr que tu vas y arriver… » L’explication du choix du terme « positive » réside là : « ce sur quoi vous vous concentrez s’accroît. » A l`éducateur de choisir s’il se concentre sur les erreurs ou sur les réussites de l’enfant, si minimes soient-elles !  Mais c’est bien sur l’expérience positive que repose l’accomplissement de soi. La psychologie positive fonctionne sur le même principe : c’est en développant ses forces de caractère qu’on accroît son bien-être, plutôt que de se concentrer sur ses faiblesses.

Comprendre plutôt que punir

Une mauvaise note ? Pas de double peine ! Je ne connais pas un enfant qui ne soit pas mortifié par une mauvaise note. Et si un enfant donne l’impression de ne pas y être sensible, c’est par un choix stratégique d’évitement ou de déni (Même pas mal? Une mauvaise note, moi, non?!) Au lieu de le punir de sortie, il est plus rentable de chercher avec lui à comprendre ce résultat. « Tu sais d’où ça vient ? Tu penses que tu as assez travaillé ? Tu n’as pas compris le cours ? Tu n’as pas eu assez de temps ? Tu as perdu ta confiance en toi devant tout le monde? ». Ensuite on cherche toujours ensemble un moyen d’y remédier… Bref, derrière un comportement insolent ou apathique ou agressif, se cache toujours un besoin. A nous parents de décrypter lequel : besoin de soutien, de temps passé ensemble, de moins de pression, de tendresse, de compréhension… C’est ainsi que le jeune se construit, dans l’autonomie et l’auto-responsabilité.

La fermeté : Respect !

Sans cadre, point de dépassement de ses propres frustrations. Or c’est ainsi que l’enfant se construit. Faire respecter le cadre et les limites n’est pas facile. Comment faire ? « Le parent n’impose pas les modalités, mais elles doivent être fixées avec le jeune, selon son âge:  » Tu choisis de faire tes devoirs avant le goûter ou après? » , « Tu as envie de sortir le week-end, mais tu as beaucoup devoirs à faire. Quel contrat pour que cela puisse se faire? » (Béatrice Sabaté, psychologue clinicienne, formatrice certifiée en discipline positive) » Comme le dit Lise Bourbeau :  le parent doit respecter la loi de la responsabilité : l’enfant peut décider mais il doit connaître et assumer les conséquences de ses choix s’il enfreint la règle, la consigne etc…

La discipline positive  enseigne les compétences suivantes :

  • L’estime de soi,
  • La coopération,
  • L’autodiscipline,
  • La patience,
  • L’empathie,
  • Le respect de soi et des autres,
  • La compassion,
  • Le courage d’être imparfait,
  • La recherche de solutions,
  • Le dialogue efficace,
  • Contrôle de soi,
  • L’honnêteté,
  • La politesse,
  • L’autonomie.

Sources : site disciplinepositive.fr, guide de l’APEL : Parent d’élève, un métier d’avenir.

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