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 Comment en parler à nos enfants ?

C’est une question que l’on se pose tous, dans toutes les familles,  depuis 3 jours…
« Comment expliquer cet innommable cet impensable aux enfants ? » questionne la psychanalyste Sarah Chiche dans l’émission Service Public de France Inter du jeudi 9 janvier 2015 consacrée à ce sujet.

Parole d’enfant recueillie dans un de mes ateliers philo : « Je suis triste, ça me choque. Quand on n’est pas d’accord, on ne tue pas, on doit parler, s’expliquer! » Garance, 9 ans

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Depuis mercredi, nos enfants voient  des images hyper violentes en boucle, des adultes pleurer, des messages hystériques sur les réseaux sociaux, des génériques anxiogènes, et leurs parents plongés dans des états émotionnels forts depuis mercredi. Il est essentiel d’en parler et de partager avec eux nos et leurs ressentis. Certains auront besoin de parler beaucoup, de dessiner, de nous interroger. Notre présence attentive et bienveillante est essentielle pour les rassurer. Oui, mais comment ?

Accueillir et reconnaître les émotions

Dire à un enfant qui a peur : « Non, tu n’as pas de raisons d’avoir peur », c’est lui dénier son émotion. En accueillant cette peur, »en reconnaissant que nous mêmes, on a eu peur, en tant que parent, que c’est normal, c’est lui faire sentir qu’il n’est pas seul au monde », nous dit Hélène Romano, psychologue, auteur de « L’enfant face aux traumatismes. » Après, on peut discuter ensemble : Qu’allons-nous faire de cette peur ? Comment allons-nous la transformer ? Les câlins, les doudous peuvent être très importants à ce moment, comme la lecture de contes.
Certains enfants sont parfois mutiques, prostrés. Quelle attitude adopter alors? Surtout, respecter l’enfant s’il ne veut pas en parler, ne pas le forcer à dessiner non plus, mais lui dire qu’on est disponible, quand il le le souhaitera.

Expliquer 

On doit expliquer aux plus petits que les images qui passent en boucle sont les même images, qu’il n’y pas de nouvelle actualité terrifiante tout le temps. On peut aussi faire de l’instruction civique et rappeler les valeurs de la république, de la liberté d’expression, de la presse, pour ne pas rester dans l’émotion et commencer à prendre du recul.

Ne pas propager l’angoisse

Gardons, en tant qu’adultes, notre sang froid, ne nous laissons pas aller à dire des choses comme « on est en guerre civile ». On a le droit d’avoir du chagrin, d’être en deuil, mais nous devons être fermes.Nous devons rassurer les enfants sur le fait que la vie va continuer, que les adultes et les institutions vont les protéger, vont prendre soin d’eux et les laisser en sécurité faire leur chemin d’enfant. C’est pour cela qu’on peut expliquer les portes fermées des écoles, les excursions scolaires reportées.

Avec les plus grands

On peut demander à nos ados : « Quelles questions tu te poses maintenant? » nous propose le directeur de la rédaction des éditions Playbac Bruno Quatronne lors de cette même émission.  C’est ce qu’a fait justement la rédaction de Playbac presse, qui offre toutes ses éditions spéciales, Le petit Quotidien (6/10 ans) , Mon quotidien (10/14 ans) et L’Actu (14-19 ans) en téléchargement gratuit. Belle et salutaire initiative, profitons-en!

Les ados peuvent avoir des réactions émotionnelles extrêmes, comme la colère ou l’angoisse. Accueillir ces émotions puis les ramener vers des questionnements plus intellectuels, leur expliquer qu’ils ne doivent pas tomber dans le piège qui leur est tendu,  les aideront à se projeter comme de futurs citoyens et adultes conscients.

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Transformer

Il est important de ne pas verser dans le nihilisme, dans une vision « Le mal est partout », de leur faire voir que cet événement peut avoir des conséquences  positives. Ils peuvent s’éveiller à la conscience que l’on doit lutter pour la liberté d’expression et la paix et qu’ils peuvent être acteurs de ce changement, qu’il est temps de construire une belle société. Adultes, sachons être à la hauteur de cette exigence !

Ils ont plein d’ idées sur l’après 7 janvier : ne pas se taire,  encore plus rire, encore plus dessiner… Ecoutons-les !

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